Adresse de Solidarité avec la Résistance des Étudiant-e-s Français-e-s

Déjà depuis plusieurs semaines des étudiant-e-s français-e-s protestent, descendent dans la rue et occupent des établissements universitaires. L’occasion immédiate de ces manifestations consiste dans un projet de loi (la loi ORE) avancé par le régime actuel d’Emmanuel Macron, qui pour l’essentiel tente à restreindre l’accès à l’enseignement supérieur aux « élites » économiques du pays. Mais bien qu’on puisse identifier cette loi spécifique comme catalyseur concret de ce mouvement de protestation jusqu’à présent national, la situation générale dans laquelle il se déploie doit être conçue sur un plan paneuropéen. Dès le crash financier de 2008 l’ordre du capitalisme se trouve dans une crise profonde et la politique bourgeoise, c’est-à-dire la politique de la classe dominante, ne sait réagir à cette remise en cause de ses fondements que par des moyens autoritaires: En France le gouvernement de Macron restreint les droits des étudiant-e-s et des classes laborieuses. Il réinterprète les droits sociaux acquis jadis de haute lutte par les mouvements ouvriers en tant que privilège d’un temps passé pour procéder ainsi à une offensive globale contre l’idée d’un droit universel à l’éducation, à la santé, etc. L’État Espagnol pourchasse brutalement ses adversaires. Et en Pologne, en Hongrie comme dans d’autres pays de l’Est européen des mouvements fascistes marchent dans les rues et conquièrent les parlements. De pareils développements peuvent également être observés en Allemagne, où le prétendu « centre » de la société tend de plus en plus vers la droite, acceptant le devenir-autoritaire de l’appareil d’État qui minimalise les espaces autonomes dans la société, borne les droits civils, relance des formes pré-modernes d’exclusions directes et criminalise progressivement les luttes sociales ainsi qu’en général toute forme de résistance à l’ordre régnant.

Aux étudiant-e-s en France: Dans cette configuration vos manifestations représentent un signe d’espoir pour nous dans le contexte de l’université allemande. Vos actes d’occupations et vos actions militantes démontrent qu’une université et – à une échelle plus grande encore – une société tout à fait différentes sont possibles et réalisables. Vous montrez clairement que l’université n’est pas un simple espace de conformisme, mais qu’il peut bien être politisé et révolutionné. Les étudiant-e-s français-e-s, qui maintenant montent au créneau, justement parce qu’ils/elles unissent leurs luttes avec celles des ouvriers et des immigrants sans papiers, mettent au nu comment aujourd’hui l’idée de la solidarité peut être réalisé d’une façon concrète. Contre le carriérisme et l’opportunisme dépourvu de toute orientation collective ils/elles pointent la solidarité pratique comme alternative réelle au néolibéralisme devenu autoritaire respectivement le règne du capital dans sa totalité.

L’État français réagit à ces manifestations légitimes avec une brutalité sans égard pour les droits fondamentaux des étudiant-e-s et ainsi fait preuve de sa motivation non-démocratique. Un tel comportement expose d’une part la crainte non-dissimulée de la classe régnante par rapport aux contradictions internes du système capitaliste, et d’autre part atteste comment de longue date l’État de droit comme les valeurs de la démocratie libérale « défendues » par le gouvernement sont en train d’être désintégrés de l’intérieur. D’autant plus il est indispensable de se rallier dans les rues pour s’opposer à l’ordre de l’État néolibérale autoritaire. La rébellion est justifiée et même impérative. C’est dans ce sens que nous voulons prononcer notre solidarité complète avec les étudiant-e-s insurrectionnel-le-s, les unités insoumises, les collectifs et les occupations.

Au-delà des frontières vive la solidarité et l’idée de la révolution qui, cinquante ans après l’événement de 1968, réactualise la revendication d’un monde libérée et égalitaire, c’est-à-dire la délivrance de l’humanité des chaînes de l’exploitation pour le profit privé. Vive la solidarité internationale, il y a un monde à gagner!

Délégation des étudiant-e-s de la littérature compare de LMU Munich

Délégation des étudiant-e-s de la sociologie de LMU Munich

Salon der Dialektik LMU Munich

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